Le Capitalisme Conscient, retour vers le futur

6 octobre 2014

Business

 

Conscious Capitalism, John Mackey

Alors que le capitalisme moderne, ultra pour certains, sépare plus que jamais les familles économiques et politiques, le temps est venu pour un groupe de missionnaires américains de rafraichir les idées.

Engagé, empathique et capitaliste, John Mackey, fondateur et PDG du groupe Whole Foods Market se lance sur la voie d’une nouvelle idéologie, un nouveau mouvement tout autant qu’un business plan et une vision culturelle. Vaste projet…

Pas tant que ça lorsque l’on écoute un peu le brillant business man, éclairé qui plus est puisqu’il exprime dans son livre Conscious Capitalism les réflexions qui s’opèrent chez un nombre toujours plus de vastes de personnes, simples penseurs ou fondateurs de start-ups.  Pas si compliqué en effet puisque son association, du même nom que son best-seller, a pour objectif majeur une « ré-humanisation » du capitalisme pour en faire une économie structurée sur le long terme.

Alors bien sûr nous avons déjà entendu parler de ces mots au travers du rabâché  développement durable mais Mackey dévie de cette idée toute jeune mais déjà vieillissante simplement par le peu d’intérêt que trouvent les grandes puissances économiques à s’investir au delà des bienfaits démagogiques.

La vision qu’il propose veut bien sûr toucher l’humain mais cette « conscience » de l’humain s’incorpore à un véritable modèle économique capitaliste. Voilà enfin les deux mots dans une même phrase et certains y verront un oxymore ahurissant. Serein, l’homme d’affaire y voit une logique même.

Pour comprendre cette assimilation douteuse, flashback de 3 siècles en arrière et rencontre avec Adam Smith, père du libéralisme et à fortiori du capitalisme. Smith décrivait et soutenait deux thèses principales :

-la légitimité de la productivité et de la croissance. Capitalistes inhérents que nous sommes, nous y voyons l’évidence même. Smith était, lui, un véritable visionnaire.

-le bien-être collectif par la volonté individuelle, principe de la Main Invisible. Chaque individu, en faisant prospérer son entreprise créé un bien que les autres peuvent réutiliser pour leur propre intérêt et ainsi de suite.

 En résumé, John Mackey ne se détache à aucun moment de la nécessité de produire car c’est de la production que provient la richesse. Simplement, il rend la fameuse main invisible… visible. Smith avait compris comment générer la richesse, mais Mackey se réapproprie sa version pour non seulement la créer mais la conserver et la rendre durable.

Assez d’abstraction, parlons concret. L’idée de base est la prise de conscience des principaux facteurs qui prennent part à la vie de l’entreprise et de ceux qui sont générés par l’entreprise elle-même. D ‘après l’organisation, les 4 dimensions du projet sont :

-une vision supérieure. L’entreprise s’attache à apporter un bien concret, utile au développement de la société dans laquelle elle évolue. Elle privilégie la valeur ajoutée au profit, pour former un business plan sur le long terme.

-un leadership investi. Les dirigeants se soucient du bien-fondé de leurs décisions et pensent tout d’abord au bien de leurs salariés. Le management de la firme doit responsabiliser les employés. Une hausse de salaire n’est pas l’unique moyen, le but étant de créer une réelle motivation et une loyauté envers l’entreprise.

-l’impact culturel de la société sur la société.  L’entreprise reconnaît avoir besoin de la société pour exister et produire un bien, bien qu’elle répartit entre les employés, l’environnement et…

-les actionnaires. On les aurait presque oublié ! Mais « actionnaires », au sens large du terme, on parlerait plutôt ici de parties prenantes. Cela va du plus petit investisseur à l’indispensable sous-traitant. Retour à l’investissement dans son tout son bon sens : la source de revenus spéculative est mis à profit du développement pour rendre plus de valeur à la firme et aux actionnaires, d’où l’origine d’un de leurs slogans : « simply good business ».

 La dernière distinction majeure à faire est celle entre le Capitalisme Conscient et la RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) des entreprises. Les principes sont grossièrement les mêmes mais le premier en fait son essence même alors que les RSE sont des branches à effectif limité venant se greffer sur d’immenses structures quasi-immuables.

Le ‘Conscious Capitalism’ se veut être une véritable politique et croit en sa capacité à résoudre des problèmes sociaux et environnementaux au travers d’une économie profitable à tous.

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